19.01.2010

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Des mots, des images, du noir, du blanc, de la couleur.

 

25.11.2009

Hijos del ArteSano: tableaux à vendre!

_MG_7695.JPGDans l'album ArteSano, découvrez les tableaux peints par Juanita Umajinga et son mari, Ricardo Toaquiza. Leurs tableaux sont vendus afin de soutenir leur pratique artisanal et de permettre la scolarisation de leur plus jeune fils, Byron, âgé de 11 ans.

Renseignements:

Association Hijos del ArteSano, 4 rue du pré colombier, 19200 Ussel

hijos.del.artesano@hotmail.fr

Hijos del ArteSano sur FR3

L'association Hijos del ArteSano était présente à Tulle à l'occasion du lancement de la Semaine de la Solidarité 2009 en Limousin le samedi 14 novembre. FR3 est venu me poser quelques questions sur le pourquoi de cette initiative.

La vidéo est disponible sur le site de l'Association Mashikuna, également impliquée en Equateur.

18.09.2009

Asi se festeja!

Graduation de Franklin – Communauté de San Carlos, province de Napo (région amazonienne)

Samedi 15 août

A 30 minutes de marche d’Escupulo, au-delà du cours d’eau du même nom, au-delà des centenaires ceibos ou matapalos, au-delà des épis de maïs, des cacaotiers, des graines de café rouge, au-delà de la boue qui aspire nos pieds, il y a San Carlos.

Sandra, Orlando et Oswaldo, le parrain de Franklin, le bachelier qu’on honore aujourd’hui, quittent leurs bottes à la première maison que nous dépassons. Les cachent derrière un gros tronc, chaussent des souliers propres, se recoiffent. Nous n’avons pas de chaussures, nous n’avons que nos bottes ! “C’est pas grave, vous êtes des étrangers.” Turistas, gringos.

La salle de bal. Terre battue, murs de planches de caña de guadua ; musique et ampoules, allumées par un générateur qui ronfle entre chaque chanson. Toit de paja toquilla. Salle de bal. Décorée de guirlandes blanches et bleues : papier toilette et papier crépon. Une table avec une sono. Derrière, deux jeunes. Plus loin, affalé dans une chaise, un type en santiags, T-shirt noir avec en écusson le drapeau de l’Équateur et une tête de mort. Chacun s’observe, est observé. Ceux qui se connaissent parlent entre eux. Les gens de San Carlos sont assis : les hommes d’un côté, les femmes de l’autre. Les invités, eux, sont à côté de leur compagne. Les jeunes sont bien habillés, quelques filles maquillées. On nous sert de la chicha (boisson fermentée traditionnelle, le plus souvent à base de manioc en Amazonie). En buvons, un peu, rendons le récipient qui doit faire le tour de tous les convives. Celle qui nous sert jette un œil à la tasse, la tend au suivant sans augmenter la quantité de liquide : à ses yeux, nous n’avons rien bu. Orlando Grefa, technicien du projet FODI (Fonds de développement infantile), est certainement le plus diplômé de San Carlos et d’Escupulo. Même s’il n’a pas terminé sa licence, il est allé à l’université. Et puis il vient de la ville, ou presque. Sa famille vit près de Tena. Ces distinctions lui valent d’annoncer le déroulement de la fête.

Premièrement : entrée du bachelier, de sa famille et du parrain. Franklin, ses parents, ses sœurs et beaux-frères font le tour de la salle communale, serrent toutes les mains.

Deuxièmement : discours du père, de la mère, du bachelier, du parrain. Kichwa mêlé d’espagnol. La mère évoque, semble-t-il, les problèmes financiers rencontrés pendant les études du fils. Demandons à Sandra la traduction : elle redit les remerciements, les félicitations, passe sous silence les difficultés.

Troisièmement : hymne national. Tout le monde se lève. Jean se retient pour ne pas rire : la chaine hifi crache solennellement une version pop et patriotique de l’hymne équatorien.

Quatrièmement : toast pour le bachelier. Table couverte de petits verres en plastique remplis d’un alcool rose-orangé. Dans des assiettes, des morceaux de gâteaux secs. Un petit garçon, tout juste assez grand pour se tenir debout, descend un verre de vin. Nonchalamment, ses proches empêchent ses autres tentatives.

Cinquièmement : les verres bus, la table est débarrassée. Franklin, chemise blanche, cravate lie de vin, pantalon noir, s’assied derrière. Proches, amis et membres de la communauté recouvrent la table de cadeaux. Autour du visage du bachelier, brume d’ennui, rayon de lumière blanche. Les cadeaux apparaissent comme par magie dans les mains des invités, dans des pochettes colorées. Le lieu le plus proche pour se procurer ce genre de choses se trouve à une demi-heure de canot en amont du fleuve, une fois par semaine, le samedi, jour de marché. Ou plus haut encore. De l’argent : quelques billets de 5 dollars et des pièces sont déposés sur la table. Les cadeaux et leur mystère sont transférés dans un très grand sac en plastique transparent.

Sixièmement : discours de remerciement du bachelier et de son père. La mère a disparu, occupée certainement à servir la chicha aux invités. On éteint le générateur pendant les discours, puis relance ses ronflements.

Septièmement : une fois dit que la nourriture va être servie, Orlando nous rejoint du côté des festivités.

Jean et moi assistons en spectateurs et faisons partie du spectacle. Regardons, sommes regardés. Chaque geste est vu. Reste le français, que personne ici ne décode. On nous sert une soupe, puis du riz avec une tête de poisson et une salade de tomates et d’oignons. Chacun mange. Quelques paroles échangées.

La chicha fait des tours : on sert les invités un à un, dans une tasse en alu ou dans une moitié de calebasse ; elle se fait insistante : celle qui nous sert tient fermement le récipient, verse le contenu dans nos bouches. En bois peu, pour préserver l’estomac. D’une bouteille en plastique, un vin sucré à la pêche annonce : Hechizo, envoûtement. Ce n’est donc pas de l’essence pour le générateur. La musique parle d’amours déçues, trahies, promet de formidables gueule-de-bois, mièvres et dramatiques. A amor, llorar et corazón, qui peuplent les chansons d’ici, il faut ajouter tomar, qui est boire jusqu’à ne plus tenir debout.

Orlando m’invite à danser, Sandra invite Juan. Sur la terre battue, enfoncés dans nos bottes en caoutchouc, dansons donc, ou marchons à petits pas, c’est ici la même chose. On nous regarde toujours. Les chansons se suivent, petits pas serrés, pudiques. L’alcool tourne, verre partagé par tous, chicha, vin fruité. Puis viennent les caisses de bière. César, président de la communauté d’Escupulo, s’excuse : les bières ne sont pas fraîches, il n’y a pas de réfrigérateur. Humilité obligeante, pauvreté éclatante. L’alcool détend les corps, délie les langues. On m’invite à danser. Les convives se déhanchent de plus en plus, les rires se déploient. Assis, l’alcool défile : on est servi avant même d’avoir soif. La soif n’a d’ailleurs rien à voir à tout ca. Boire, c’est accepter de partager. C’est une union intime. Cela délie, relie, allie. Même si c’est éphémère. On rit, on gesticule. Chacun le sait : sans alcool, on ne danse pas. Plus l’alcool a fait de tours, plus il y a de danseurs. « Asi festejamos nosotros ! » (C’est comme ca qu’on fait la fête ici !)

Le bachelier m’invite sur la piste. Il a 19 ans, parle anglais « so so », pas si mal en vérité. Notre présence, semble-t-il, est un honneur pour lui et sa famille. Recevons un traitement de faveur : il nous offre double ration de bière. A chacun, une bouteille et un verre : on sert autour de soi, reçoit, se retrouve avec deux verres dans les mains. Pas moyen de dire non : on accepte, boit cul-sec ou ne fait que tremper les lèvres, rend le verre.

César avait dit que nous partirions vers 18h30. S’écoulent les minutes, l’alcool, le temps n’a pas de prise, l’heure se dissout dans la nuit étoilée. Milliards d’astres que l’absence d’éclairage révèle. Chez nous, trop de lumière empêche de voir.

« C’est fou ce que révèle une danse », dit Jean. Ernestina a le même âge que lui, 25 ans. Deux enfants, un troisième lui arrondit le ventre. Elle voulait venir à nos cours d’anglais, son mari lui a interdit. Elle aimerait continuer à étudier, sa belle-mère ne veut pas aller vivre à la ville.

Des toilettes pour toute la communauté : un trou, quelques planches, pas d’intimité pour celui qui trône. Peu importe, à part moi, personne ne semble en faire usage : la forêt est suffisamment vaste.

On rit encore, boit toujours, discute ; la musique absorbe nos paroles. Ceux qui offrent à boire tiennent de moins en moins droit sur leurs jambes. Partageons nos bières.

Soudain, nous sommes au milieu du terrain de football, dans la nuit, derrière Sandra, ivre et inquiète : « Si mon mari est là, on y va. Personne ne vient nous attraper ? » Ici, on ne dit pas au revoir, on disparaît dans la forêt, avant d’être rattrapé, invité à boire, juste un petit verre, qui fera s’écouler les heures nocturnes malgré soi. Orlando suit, puis César et sa femme. On récupère les bottes, suit Sandra qui avance, décidée, mais pas très droit. Orlando distribue des cigarettes aux hommes, contre les mauvais esprits. « Souffle la fumée sur la tête de ta femme, il ne vous arrivera rien » dit-il à Jean. Notre trajet est hérissé de ceibos : ces arbres somptueux sont habités par des esprits, plus nocifs la nuit. César, empesé dans ses verres d’alcool, avance lentement derrière. Nous avons des lampes torches, moi une frontale, pour éclairer le chemin. Orlando et Sandra racontent comment une nuit, ils ont fait ce chemin à tâtons, faute de lampe, avec leurs deux fils. Et comment, quand Orlando a bu « au delà de la conscience », sa femme le laisse s’endormir en chemin. Oui, sur ce chemin, certains maris tombent d’ivresse. Ils poursuivent leur chemin au lever du jour. Pour dissuader les buveurs, on raconte, dans une chanson que nous ne connaissons pas, que celui qui boit trop sera mangé par les fourmis. Pour ne pas rester en rade, Orlando suit sa femme, mettant un pied devant l’autre avec ce qui lui reste de détermination et de lucidité. Les fourmis sont là, certainement.

Boire au-delà de la conscience, cela arrive. Aux hommes surtout. Les femmes ont à charge les enfants. On parle de ses cuites comme le font les adolescents et les étudiants. Comme d’une chose irrémédiable.

Sur le terrain de foot d’Escupulo, à ciel ouvert, admirons les étoiles. « Nos ancêtres, dit Orlando, racontent que quand on voit la voie lactée, ça veut dire qu’un couple va se former. Et aussi quand la lune est à l’envers. » Kuyllur et Lucero, articule-t-il dans un souffle d’alcool, apparaissent, l’un le soir, l’autre le matin. Devisons quelques minutes encore sur les étoiles, planifions l’adieu de demain. Passent en serrant nos mains César et sa femme. Ici, on connaît le nom des hommes ; parfois, les femmes révèlent le leur dans un souffle à peine audible.

Chacun regagne sa maison. Il est 22h22.

01.08.2009

Retour en Amazonie

2040233703.JPG

Les mots se sont perdus en route ou ne sont pas encore arrivés.

En attendant, voici quelques images de Pucachicta dans les albums photos.

Retour dans la famille Huatatoca qui m´avait accueilie il y a deux ans.

15.01.2009

L'Equateur s'expose en Limousin et à Paris

L’Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne présente

Portraits d’Equateur
Rencontres latitude zéro


Textes et photographies d’Aurore Chaillou

Galerie Soufflot, 1er étage
12, place du Panthéon, Paris Ve

du mercredi 3 au vendredi 26 juin 2009
de 8h à 19h, fermeture le dimanche


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2135776803.jpgJanvier-février 2009
Après une quinzaine de jours passés à Ussel en Corrèze, au mois de juin 2008, l'exposition "Portraits d'Equateur - Rencontres latitude zéro" s'installe pour un mois à L'Atelier, à Royère-de-Vassivière, en Creuse.

23.09.2008

De l'Equateur au Népal

Découvrez quelques images de l'exposition Portraits d'Equateur - rencontres latitude zéro

Interview de Gilles Ray présentant ces photos, diffusée le 22 septembre 2008 sur Demain TV



Et pour suivre mon nouveau projet, rendez-vous sur Regards croisés sur le Népal

09.03.2008

Le devoir de vote

En ces temps d'élections hexagonales... Et comment se passsent les élections, là-bas?
En Equateur, voter n'est pas un droit, c'est un devoir.
Lorsque les Equatoriens votent, ils reçoivent un document, l'équivalent de notre Carte d'électeur tamponnée. Ce papier leur est réclamé pour se faire délivrer un passeport, faire une demande de crédit pour acheter une maison, etc... Ceux qui ne votent pas ni auront pas droit.

Convaincre les électeurs tient donc de la virée du Père Noël: distribution de nourriture et T-Shirts à l'effigie du candidat aux plus démunis, visite aux communautés indigènes isolées en Amazonie, auxquelles on promet eau et électricité, personne n'est oublié!

Autre caractéristique des élections: la Ley Seca, ou Loi Sobre. Interdiction de boire de l'alcool 24 heures avant le jour des élections, et jusqu'à midi le lendemain du scrutin. Les contrevenants terminent en prison, jusqu'au jour suivant l'élection. Ils ne peuvent donc pas voter.